Appel à candidatures

L’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe à Cergy lance une bourse de résidences d’écriture tremplin, destinée à promouvoir la création de deux artistes débutants. 

Nature de la bourse :

12 000 € pour le binôme de deux artistes débutants, diplômé·e·s d’une formation en arts ou en création littéraire. L’alliance de deux spécialités artistiques est bienvenue (livres, scène ou écrans).

La résidence se déroule du 1er juin au 30 septembre 2026

Engagement des candidat·e·s:

La résidence ne demande pas une réalisation finale aboutie, mais la conduite d’un projet de création dont les promesses et les avancées peuvent être présentées au grand public.

3 rendez-vous obligatoires :

Le binôme lauréat de la bourse s’engage à mener au cours de la résidence au moins :

  • Une présentation des travaux en cours à destination d’un public adulte
  • Un atelier pour le jeune public (scène, écriture, photographie, montage audio ou vidéo…)
  • Une séance de clôture de la résidence comportant une petite forme et un bilan.

L’association : 

L’association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe (AMAGP) se consacre à l’engagement social et artistique du couple pour en réactiver la mémoire. Elle accompagne le chantier de restauration du bâti et la valorisation du parc, en étroite concertation avec les services de la ville, propriétaire des lieux. Seul l’accès au parc sera possible en soirée pendant l’été, le chantier de restauration empêchant pour l’instant l’accès à la maison. Un espace de travail pourra être demandé à l’AMAGP pendant le temps de la résidence.

Contexte :

L’esprit qui animait le couple illustre qui a occupé les lieux de 1953 à 1959 invite à concevoir des actions favorisant une création contemporaine soucieuse des questions du présent autant que des grands repères du passé. Anne et Gérard Philipe se sont montrés tous les deux fortement concernés par les questions de société qui ont agité leur époque et ils ont participé au premier chef au mouvement d’accès de tous à la culture. La scène, l’écran de cinéma pour Gérard, mais aussi la photographie, le film documentaire, puis le livre pour Anne, ont joué un rôle majeur dans leur implication à la fois artistique et citoyenne.

La Maison, entourée de son parc soigneusement jardiné, était aussi un lieu familial et convivial, un lieu de vie et de plaisirs partagés avec les enfants et les amis. Cette atmosphère des lieux a favorisé une émulation culturelle et artistique qui en fait aussi la marque. 

La Maison, dans un environnement naturel préservé (arbres, bord de rivière, potager, verger, ruches), se trouve aujourd’hui au pied de l’axe majeur, entourée par la ville contemporaine, et face à « l’île des loisirs » espace de sports et d’attractions de plein air bien connu des habitants.  

Plus d’informations sur le site de l’AMAGP : https://maisonanneetgerardphilipe.fr. Documentation sur demande auprès de Bruno Gruel – adhésion à l’association via HelloAsso .

Dossier de candidature :

Un dossier d’environ 6 pages (format pdf) est attendu pour le 30 mars 2026.

Il devra comporter :

  • Une description du projet d’écriture, précisant comment s’articulent les contributions des deux artistes et les raisons pour lesquelles ce projet est en lien avec l’esprit qui animait le couple (voir « contexte »).
  • Les deux CV des candidats, précisant les diplômes et les spécialités artistiques.
  • Un calendrier des activités, incluant les « rendez-vous obligatoires » (voir « engagement des candidat·e·s »). 

L’audition des candidat·e·s dont les dossiers auront été sélectionnés se tiendra le 16 avril 2026 à Cergy. 

Les dossiers de candidatures sont à envoyer avant le 30 mars à minuit à l’adresse : amarie.petitjean@cyu.fr.  

Une nouvelle plongée dans les « papiers » de Georges Perros

Vient de paraître dans la collection « Folio 3€ » une sélection de notes du grand ami d’Anne et Gérard Philipe, l’auteur célèbre des Papiers collés. C’est sous le titre de Pensées collées que Jean-Pierre Siméon a choisi de lui rendre hommage en sélectionnant ,dans les « milliers de pages » qu’il nous a laissés, une collection de petites phrases bien senties qui disent beaucoup de son art de vivre et de penser.

Georges Perros a passé beaucoup de temps dans la propriété de Cergy où il avait sa chambre, avant de partir s’installer à Douarnenez. Ami cher de Gérard Philipe depuis leurs débuts respectifs de comédiens, il a finalement choisi la voie de la littérature en regardant avec l’extrême attention d’un frère de substitution s’envoler la carrière du « grand jeune homme plein de fantaisie » auquel l’attachent tant de moments de vie partagés.

A la mort de Gérard, il poursuivra les liens avec Anne par une correspondance suivie qui prend le relais des brèves et affectueuses missives que les deux amis s’adressaient. Cette correspondance pleine de ressources pour saisir leur amitié indéfectible a été publiée par Jérôme Garcin en 2008.

Le volume Pensées collées nous invite à plonger dans l’écriture incisive et hautement réfléchie d’un proche du couple qui entendait « vivre une vie intense et libre au plus près du réel, au cœur de la vie ordinaire, au diapason de la poésie » (Jean-Pierre Siméon).

Assemblée générale de l’association

L’assemblée générale se tiendra  vendredi 16 janvier 2026 à 16 h 30

à la Maison de la Recherche Annie Ernaux, Salle 110 (1° étage) 

 33, boulevard du port – 95011 -Cergy  

Ordre du jour : 

  • Rapport d’activité pour l’exercice 2025
  • Rapport financier pour l’exercice 2025.
  • Projet de budget 2026.
  • Présentation d’Anne Gratadour, scénographe 
  • Point sur l’avancée des travaux et sur la gestion future de la Maison
  • Résidences d’écriture
  • Propositions d’actions dans le dispositif « Ambassadeurs du Louvre »
  • Questions diverses 

Nous vous rappelons que, pour avoir le droit de vote à l’assemblée générale, vous devez être à jour de votre cotisation 2026.

Exposition Gérard Philipe à l’université

La Maison de la recherche Annie Ernaux, sur le site des Chênes de CY Cergy Paris Université, accueille du 20 novembre 2025 au 22 janvier 2026 l’exposition « Gérard Philipe, icône de la jeunesse » conçue par l’association Maison d’Anne et Gérard Philipe en partenariat avec l’institut International Charles Perrault.

L’exposition se saisit du thème de l’enfance pour présenter les facettes du parcours et de l’engagement du comédien. Elle se penche tout particulièrement sur la trace qu’il a laissée pour des générations d’enfants à travers ses enregistrements sur disques. 

L’exposition se tient dans le hall de la Maison de la recherche. L’entrée est libre et accessible aux plus jeunes. Des encarts sont réservés sur chaque panneau pour inviter les enfants à circuler dans les textes, les images et les extraits sonores.

Le prince de Hombourg revisité

L’écrivain et traducteur Stéphane Bouquet vient de nous quitter à 57 ans. Il avait récemment traduit et adapté en l’actualisant la pièce totémique du Festival d’Avignon, Le Prince de Hombourg, de Kleist. L’entreprise relevait du défi, pour un texte difficile, marqué par l’histoire, celle de Kleist d’abord qui se suicide à 34 ans et dont l’oeuvre a souvent été commentée comme un point de rupture dans l’esthétique classique et l’histoire des idées, celle du Festival d’Avignon d’autre part, qui choisit comme pièce d’après guerre le texte d’un auteur germanique, rappelant les combats dans la Prusse d’autrefois, et qui parle d’héroïsme déconfit en tissant un flou existentiel entre le rêve et la réalité. Il fallait tout l’art du poète et scénariste Stéphanie Bouquet pour réinvestir ce grand texte et le faire résonner dans les salles d’aujourd’hui. Le metteur en scène Robert Cantarella parle de leur travail en confiant avoir « travaill[é] comme des jardiniers, comme ceux qui font pousser dans la première scène de la pièce du laurier dans le sable, et [avoir] cré[é] des prolongements, des mouvements à partir d’un texte écrit en 1811 et joué en 2024. »

Il n’est pas étrange que Stéphane Bouquet, ce poète qui pouvait pousser les ramifications du romantisme dans les vicissitudes de la vie moderne avec de constants étonnements et la recherche éperdue des consolations, ait choisi cette pièce stupéfiante. Son incroyable culture se plaisait au croisement des références et sa quête exigeante du sens de l’existence a toujours cherché à se frotter à ces parts de mystère que gardent les grands textes. Son oeuvre arpente, en prose comme en vers et en se jouant des frontières génériques, les petits faits et gestes de nos vies contemporaines en les reliant à la geste sublime des auteurs magnifiés, tour à tour Walt Whitman, John Keats, Ovide ou Virginia Woolf.

Dans son Prince de Hombourg le texte de Kleist est ponctué de ses propres textes qui font résonner d’une manière profondément actuelle les fêlures, les bizarreries psychologiques et les inconstances du personnage, pris dans les paradoxes d’un ordre social et politique qui les favorise.

Le rôle du prince, à jamais marqué par l’interprétation de Gérard Philipe, oblige à la méditation sur l’ordre moral et politique et le jeu dangereux des contestations qui brouillent courage et lâcheté. La bravade individuelle s’y dote d’une dimension onirique. Frédéric de Hombourg est un jeune homme d’une sensibilité maladive, atteint de crises de somnambulisme. Il remporte une victoire inopinée en enfreignant les ordres du Grand Électeur. La couronne qu’on lui a décernée par dérision dans son sommeil glisse de son front et ne sera pas reçue à l’issue de sa victoire militaire. C’est l’opprobre de la cour et la peine de mort que sa désobéissance et les demi-lâchetés de son caractère lui font encourir, jusqu’à la résolution finale où le bandeau lui tombe des yeux.

Gérard Philipe et Jeanne Moreau dans la mise en scène de Jean Vilar – création au Festival d’Avignon en 1951
Nicolas Maury dans la mise en scène de Robert Cantarella – création Théâtre Vidy de Lausanne en 2023


– version complète téléchargeable :

Appel à volontaires

« Les Voix minuscules »

Quand les admirateurs et admiratrices de Gérard Philipe lui écrivaient.

Dans le fonds des archives privées de Gérard Philipe, un dossier conserve 75 courriers d’admirateurs et admiratrices, reçus par Gérard Philipe tout au long de sa carrière, plus précisément entre 1942 et 1959. Les lettres construisent en filigrane des figures de spectateurs et de spectatrices profondément touchants et émouvants. 

Elles viennent parfois de très loin, et notamment de ces pays qui sont alors des colonies ou protectorats français telle l’Indochine ou la Tunisie, qui sont en train, dans cette décennie des années 1950, d’acquérir leur indépendance. L’admiration pour Gérard Philipe trouve ici une lecture plus politique. Ces lettres impressionnent par l’expression d’un besoin d’idéal, besoin d’un dépassement des frontières de l’ordinaire et de l’extériorisation des émotions profondes. 

Nous nous proposons de faire entendre ces voix au cours d’un atelier sur deux journées non consécutives, qui s’ouvrira à une rencontre publique de 20 mn autour de la mise en lecture de ces lettres. Proposé à un public d’amateurs et amatrices de tous âges, cet atelier n’a aucun pré-requis, seulement l’envie de lire à haute voix.

L’atelier commencera par un échauffement physique et vocal. Les lettres qui auront été envoyées aux participants et participantes à l’avance, seront ensuite abordées dans un travail d’élucidation des émotions qu’elles révèlent, à travers leur registre de langue, leurs références, leur lien avec la grande histoire. Puis, le travail de lecture à haute voix sera abordé par chaque participant, qui sera guidé et accompagné dans l’exploration d’une lettre qu’il aura choisie.

L’atelier se déroulera de la manière suivante :


– 3 h de travail à la bibliothèque des Cerclades à Cergy le samedi 31 mai (14h-17h) avec les lecteurs et lectrices amateurs : échauffement vocal et corporel, exercices pour le groupe, première mise en voix des lettres, 
– 3h de travail à Cergy le 14 juin (horaires à préciser) avec les mêmes : reprise du travail de mise en voix avec la possibilité d’une mise en espace en vue de la restitution publique du 20 juin.
– 20 mn de restitution en lecture publique à la Bibliothèque Nationale de France le 20 juin (horaires à préciser).

« Épiphanies » d’Henri Pichette

Un article de Céline Pardo sur la pièce qu’Henri Pichette destinait à Gérard Philipe, écrite à partir de 1945 et créée en 1947 au Théâtre des Noctambules.

« L’émotion du poème incarné : les lectures à une voix des Épiphanies par Henri Pichette », Itinéraires [En ligne], 2022-1 | 2022

à consulter en ligne : 

https://journals.openedition.org/itineraires/11942

Résumé de l’article :

« Quelles que soient ses modalités de publication (théâtre, livre ou lecture à voix haute par son auteur), le texte des Épiphanies constitue un étonnant spectacle visuel et sonore dans lequel la transmission directe d’affects plus ou moins violents prime sur la compréhension intellectuelle du poème. À partir de témoignages de spectateurs ainsi que d’archives sonores et visuelles, cet article interroge la spécificité des émotions littéraires en jeu dans les lectures qu’en donne Henri Pichette à partir de 1965. Le texte ainsi mis en voix et en corps par son auteur apparaît comme une forme extrême de publication poétique, laquelle concorde avec l’idée de la poésie selon Pichette comme participation nerveuse à un grand corps commun : il s’agit moins pour le poète-lecteur d’interpréter son texte ou même d’exécuter une performance artistique que d’en faire sourdre physiquement, par un art de la diction et de la gestuelle empruntant aux théories d’Artaud comme à l’ingénuité généreuse de Gérard Philipe, la pure charge émotionnelle. »

Journée du patrimoine 2024

Bruno Gruel, Amarie Petitjean et Alain Platier sur le stand de l’association, le 21 septembre 2024.

L’association était présente, samedi 21/09/24, à la journée du patrimoine, avant une longue fermeture du parc, prévue pour la poursuite des travaux. Le stand a reçu notamment la visite du maire, Jean-Paul Jeandon, et de l’adjointe à la Culture et au Patrimoine, Malika Yebdri.

Visite organisée pour les donateurs

le 24 avril 2024

La mairie de Cergy a organisé samedi 24 avril une visite du chantier de rénovation de la Maison à destination des donateurs. Malika Yebdri, première adjointe en charge de la culture et du patrimoine, en présence du maire de Cergy, a accueilli les donateurs et les représentants de l’association et précisé les étapes des travaux. Elle a rappelé toute l’importance pour l’avancée des travaux de poursuivre le recueil de dons.

La visite a permis de détailler les modifications envisagées, rendues nécessaires par la dégradation de certains éléments du bâti et de l’aménagement intérieur. L’escalier sera enlevé, le crépi modifié, mais la cheminée reste un élément important à mettre en valeur, comme la mezzanine du premier étage ou les belles poutres de la charpente.

La voix de Gérard Philipe a ensuite résonné dans le parc, pour introduire la présentation par Violaine Houdart-Merot et AMarie Petitjean de l’ouvrage « Gérard Philipe : le devenir d’un mythe », à peine sorti des presses. Des exemplaires ont été offerts par la mairie aux donateurs.

lien vers les éditions Hermann : https://www.editions-hermann.fr/livre/gerard-philipe-le-devenir-d-un-mythe-amarie-petitjean


Pour faire un don à la Fondation du patrimoine : https://www.fondation-patrimoine.org/faire-un-don/maison-de-gerard-philipe