
Une classe de Segpa visite le chantier de la Maison


Elena Bonini et Lucie Bombasaro, lauréates de la bourse tremplin « Anne et Gérard Philipe », présenteront leur projet lors d’une soirée festive le 12 juin de 18h à 19h30.
Rendez-vous à l’auditorium de l’EMN, au premier étage du « Douze », 12, allée des petites pains à Cergy. (Arrêt RER : Cergy-St-Christophe).

« Chaque matin le courrier faisait déborder sur la table les lettres d’affaires et les lettres de fans, admiratrices un peu folles, maniaques, demoiselles éperdues, tapeurs »
Claude Roy, « La Maison de Cergy »
Notre projet de duo pour la bourse tremplin Anne et Gérard Philipe croise littérature et illustration. Il s’appuie sur le motif de l’étoile et sur la forme simple de la lettre : entre courrier du coeur, lettre de fan et témoignage d’amour au sens large. Nous prendrons pour point de départ les archives du couple et plus spécifiquement les lettres d’admirateurices dans lesquelles nous procéderons à une forme de collecte qui pourra être ré-employée à la fois au cours des ateliers et dans notre co-écriture. Les ateliers avec le jeune public seront l’occasion d’adresser des courriers ou petits dons aux figures d’ « étoiles » qui comptent pour elles et eux : une idole, une figure proche, une figure du passé ou inventée. Notre projet de création quant à lui, prendra la forme d’un livre dans lequel texte et image déploieront ce geste autrefois banal et aujourd’hui significatif, de poster une lettre. Dans la continuité de nos travaux communs, nous souhaitons explorer le format de l’album, habituellement adressé à la jeunesse. Nous l’envisageons comme un espace narratif idéal où texte et image forment un langage indivisible, avec une portée d’imaginaire et d’émerveillement aussi bien adaptée à un lectorat adulte. L’enjeu souterrain sera de penser ce qui fait la trajectoire et la longévité d’une étoile. Notre proposition se nourrira de la pluralité des formes du discours d’amour, des star-studies et de l’esthétique fan, et d’un regard qui prend en compte aussi bien l’idole que ses soutiens invisibles, premiers maillons du travail affectif et conservatoire de la mémoire des mythes.

Lucie Bombasaro est diplômée de l’ESAM, école des Beaux-Arts de Caen, son travail s’articule aujourd’hui entre l’illustration, la marionnette et l’intervention artistique.
Elena Bonini est doctorante en littérature comparée, sa thèse porte sur un artiste discret, Jean-Pierre Le Goff, qui a diffusé une grande partie de son oeuvre par voie postale.

Les membres du bureau de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe ont pu constater l’avancée des travaux lors de visites de chantier les 16 janvier et 9 février.
En présence des responsables des services » Culture » et « Bâtiments » de la ville de Cergy, de l’architecte (Agence Forme), de la scénographe et du responsable filière image de Val d’Oise Tourisme, ces réunions entre les différents intervenants du projet de restauration ont permis d’avancer sur le futur aménagement intérieur.
La ville et l’architecte ont confirmé que la livraison du chantier serait effective en 2027 pour une inauguration au printemps de la même année.
La concertation étroite entre l’AMAGP et la scénographe, Anne Gradatour, est d’ores et déjà active pour concevoir les différents espaces imaginés et prévus dans le projet culturel







L’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe à Cergy lance une bourse de résidences d’écriture tremplin, destinée à promouvoir la création de deux artistes débutants.
Nature de la bourse :
12 000 € pour le binôme de deux artistes débutants, diplômé·e·s d’une formation en arts ou en création littéraire. L’alliance de deux spécialités artistiques est bienvenue (livres, scène ou écrans).
La résidence se déroule du 1er juin au 30 septembre 2026.
Engagement des candidat·e·s:
La résidence ne demande pas une réalisation finale aboutie, mais la conduite d’un projet de création dont les promesses et les avancées peuvent être présentées au grand public.
3 rendez-vous obligatoires :
Le binôme lauréat de la bourse s’engage à mener au cours de la résidence au moins :
L’association :
L’association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe (AMAGP) se consacre à l’engagement social et artistique du couple pour en réactiver la mémoire. Elle accompagne le chantier de restauration du bâti et la valorisation du parc, en étroite concertation avec les services de la ville, propriétaire des lieux. Seul l’accès au parc sera possible en soirée pendant l’été, le chantier de restauration empêchant pour l’instant l’accès à la maison. Un espace de travail pourra être demandé à l’AMAGP pendant le temps de la résidence.
Contexte :
L’esprit qui animait le couple illustre qui a occupé les lieux de 1953 à 1959 invite à concevoir des actions favorisant une création contemporaine soucieuse des questions du présent autant que des grands repères du passé. Anne et Gérard Philipe se sont montrés tous les deux fortement concernés par les questions de société qui ont agité leur époque et ils ont participé au premier chef au mouvement d’accès de tous à la culture. La scène, l’écran de cinéma pour Gérard, mais aussi la photographie, le film documentaire, puis le livre pour Anne, ont joué un rôle majeur dans leur implication à la fois artistique et citoyenne.
La Maison, entourée de son parc soigneusement jardiné, était aussi un lieu familial et convivial, un lieu de vie et de plaisirs partagés avec les enfants et les amis. Cette atmosphère des lieux a favorisé une émulation culturelle et artistique qui en fait aussi la marque.
La Maison, dans un environnement naturel préservé (arbres, bord de rivière, potager, verger, ruches), se trouve aujourd’hui au pied de l’axe majeur, entourée par la ville contemporaine, et face à « l’île des loisirs » espace de sports et d’attractions de plein air bien connu des habitants.
Plus d’informations sur le site de l’AMAGP : https://maisonanneetgerardphilipe.fr. Documentation sur demande auprès de Bruno Gruel – adhésion à l’association via HelloAsso .
Dossier de candidature :
Un dossier d’environ 6 pages (format pdf) est attendu pour le 30 mars 2026.
Il devra comporter :
L’audition des candidat·e·s dont les dossiers auront été sélectionnés se tiendra le 16 avril 2026 à Cergy.
Les dossiers de candidatures sont à envoyer avant le 30 mars à minuit à l’adresse : amarie.petitjean@cyu.fr.
Vient de paraître dans la collection « Folio 3€ » une sélection de notes du grand ami d’Anne et Gérard Philipe, l’auteur célèbre des Papiers collés. C’est sous le titre de Pensées collées que Jean-Pierre Siméon a choisi de lui rendre hommage en sélectionnant ,dans les « milliers de pages » qu’il nous a laissés, une collection de petites phrases bien senties qui disent beaucoup de son art de vivre et de penser.
Il est toujours plaisant de penser que tous les hommes doivent à des femmes d’être de ce monde.
J’aime que la réflexion prolonge une sensation, plutôt qu’elle ne la nie.
La poésie n’est pas exacte. Elle est juste.
Georges Perros a passé beaucoup de temps dans la propriété de Cergy où il avait sa chambre, avant de partir s’installer à Douarnenez. Ami cher de Gérard Philipe depuis leurs débuts respectifs de comédiens, il a finalement choisi la voie de la littérature en regardant avec l’extrême attention d’un frère de substitution s’envoler la carrière du « grand jeune homme plein de fantaisie » auquel l’attachent tant de moments de vie partagés.
A la mort de Gérard, il poursuivra les liens avec Anne par une correspondance suivie qui prend le relais des brèves et affectueuses missives que les deux amis s’adressaient. Cette correspondance pleine de ressources pour saisir leur amitié indéfectible a été publiée par Jérôme Garcin en 2008.
Le volume Pensées collées nous invite à plonger dans l’écriture incisive et hautement réfléchie d’un proche du couple qui entendait « vivre une vie intense et libre au plus près du réel, au cœur de la vie ordinaire, au diapason de la poésie » (Jean-Pierre Siméon).

La Maison de la recherche Annie Ernaux, sur le site des Chênes de CY Cergy Paris Université, accueille du 20 novembre 2025 au 22 janvier 2026 l’exposition « Gérard Philipe, icône de la jeunesse » conçue par l’association Maison d’Anne et Gérard Philipe en partenariat avec l’institut International Charles Perrault.
L’exposition se saisit du thème de l’enfance pour présenter les facettes du parcours et de l’engagement du comédien. Elle se penche tout particulièrement sur la trace qu’il a laissée pour des générations d’enfants à travers ses enregistrements sur disques.
L’exposition se tient dans le hall de la Maison de la recherche. L’entrée est libre et accessible aux plus jeunes. Des encarts sont réservés sur chaque panneau pour inviter les enfants à circuler dans les textes, les images et les extraits sonores.

L’écrivain et traducteur Stéphane Bouquet vient de nous quitter à 57 ans. Il avait récemment traduit et adapté en l’actualisant la pièce totémique du Festival d’Avignon, Le Prince de Hombourg, de Kleist. L’entreprise relevait du défi, pour un texte difficile, marqué par l’histoire, celle de Kleist d’abord qui se suicide à 34 ans et dont l’oeuvre a souvent été commentée comme un point de rupture dans l’esthétique classique et l’histoire des idées, celle du Festival d’Avignon d’autre part, qui choisit comme pièce d’après guerre le texte d’un auteur germanique, rappelant les combats dans la Prusse d’autrefois, et qui parle d’héroïsme déconfit en tissant un flou existentiel entre le rêve et la réalité. Il fallait tout l’art du poète et scénariste Stéphanie Bouquet pour réinvestir ce grand texte et le faire résonner dans les salles d’aujourd’hui. Le metteur en scène Robert Cantarella parle de leur travail en confiant avoir « travaill[é] comme des jardiniers, comme ceux qui font pousser dans la première scène de la pièce du laurier dans le sable, et [avoir] cré[é] des prolongements, des mouvements à partir d’un texte écrit en 1811 et joué en 2024. »
Il n’est pas étrange que Stéphane Bouquet, ce poète qui pouvait pousser les ramifications du romantisme dans les vicissitudes de la vie moderne avec de constants étonnements et la recherche éperdue des consolations, ait choisi cette pièce stupéfiante. Son incroyable culture se plaisait au croisement des références et sa quête exigeante du sens de l’existence a toujours cherché à se frotter à ces parts de mystère que gardent les grands textes. Son oeuvre arpente, en prose comme en vers et en se jouant des frontières génériques, les petits faits et gestes de nos vies contemporaines en les reliant à la geste sublime des auteurs magnifiés, tour à tour Walt Whitman, John Keats, Ovide ou Virginia Woolf.

Dans son Prince de Hombourg le texte de Kleist est ponctué de ses propres textes qui font résonner d’une manière profondément actuelle les fêlures, les bizarreries psychologiques et les inconstances du personnage, pris dans les paradoxes d’un ordre social et politique qui les favorise.
Le rôle du prince, à jamais marqué par l’interprétation de Gérard Philipe, oblige à la méditation sur l’ordre moral et politique et le jeu dangereux des contestations qui brouillent courage et lâcheté. La bravade individuelle s’y dote d’une dimension onirique. Frédéric de Hombourg est un jeune homme d’une sensibilité maladive, atteint de crises de somnambulisme. Il remporte une victoire inopinée en enfreignant les ordres du Grand Électeur. La couronne qu’on lui a décernée par dérision dans son sommeil glisse de son front et ne sera pas reçue à l’issue de sa victoire militaire. C’est l’opprobre de la cour et la peine de mort que sa désobéissance et les demi-lâchetés de son caractère lui font encourir, jusqu’à la résolution finale où le bandeau lui tombe des yeux.



Texte rédigé par Stéphane Bouquet, extrait du dossier de mise en scène
Une des façons de lire la pièce de Kleist est d’y voir l’histoire d’un homme qui ne parvient pas, ou n’a pas le désir, d’être à la hauteur de son rôle. Il est le héros éponyme de la pièce mais étrangement il n’en est jamais le héros au sens classique du terme. D’ailleurs, à la fin, ce n’est pas sur la clôture de son destin que se conclut la pièce. Il est pour ainsi dire laissé de côté pour que continue la guerre et l’Histoire.
Contrairement aux héros classiques, donc, il n’est pas l’origine de ses décisions, il n’est pas soumis à des dilemmes cornéliens ni à des décisions tragiques, mais il semble comme manipulé par le monde extérieur qui se joue de lui, et tire les fils de sa vie.
Si tous les autres personnages masculins de la pièce ont des arrière-pensées – Hohenzollern et l’Electeur en tête –, lui n’en a aucune. Il fait ce qu’il fait au moment où il le fait, sans toujours bien savoir ce qu’il fait. Sa façon d’être en quête d’une figure maternelle, en la personne de l’électrice est un autre signe qu’il n’a pas atteint l’âge d’être ce héros viril et indépendant, mais qu’il demeure ce perpétuel orphelin.
De même, le fait qu’il est prêt à sacrifier sans complexe son amour pour Natalie, et Natalie par la même occasion, pour garder la vie sauve ébrèche son statut d’amoureux sublime.
Le prince de Hombourg n’est pas non plus, il faut le dire, un anti-héros, puisqu’aussi bien il se lance dans la bataille de son propre fait, sans peur quoique non sans reproche, et l’emporte vaillamment. Il est donc parfois lâche, mais pas toujours.
Ce qu’est ce Prince, c’est plutôt une sorte de buée, un flou, une indécision, une façon de ne pas coïncider avec lui-même et avec son nom de Prince. Un dérangement de sa fonction et de son être, et par là même un dé-genrement du théâtre héroïque. Il n’est pas si loin de ce point de vue-là d’un autre fameux Prince, celui-là du Danemark.
C’est dans cet écart que nous proposons de glisser des textes inédits, comme une façon d’opérer un va-et-vient entre la langue de Kleist et une écriture contemporaine.
Comme une façon aussi d’introduire un peu plus de jeu encore dans la pièce de Kleist, non pas qu’elle ne soit pas parfaite en elle-même, mais précisément pour pousser à son terme son fonctionnement arythmique et trouble dont Kleist joue volontiers, faisant se succéder des scènes si différentes dans leur principe et leur temporalité.
Il ne s’agira pas de produire des textes explicatifs ou justificatifs – mais au contraire d’inventer à ces personnages des intériorités de la fuite, de l’errance, du départ, qui leur donnera, on l’espère, un statut étrange, et pas infidèle au désir profond de Kleist, lequel confie dans une lettre à Ulrike von Kleist, sa sœur, le 23 mars 1801, qu’il faut substituer à l’espoir de la connaissance un esprit de voyage perpétuel – qu’il ne faut pas chercher à savoir, car le savoir porte à la folie et éventuellement à la mort, mais aller voir ailleurs. Qu’il faut dériver.
Stéphane Bouquet
– version complète téléchargeable :
Que pensez-vous de cette expérimentation ?
Dans le fonds des archives privées de Gérard Philipe, un dossier conserve 75 courriers d’admirateurs et admiratrices, reçus par Gérard Philipe tout au long de sa carrière, plus précisément entre 1942 et 1959. Les lettres construisent en filigrane des figures de spectateurs et de spectatrices profondément touchants et émouvants.
Elles viennent parfois de très loin, et notamment de ces pays qui sont alors des colonies ou protectorats français telle l’Indochine ou la Tunisie, qui sont en train, dans cette décennie des années 1950, d’acquérir leur indépendance. L’admiration pour Gérard Philipe trouve ici une lecture plus politique. Ces lettres impressionnent par l’expression d’un besoin d’idéal, besoin d’un dépassement des frontières de l’ordinaire et de l’extériorisation des émotions profondes.
Nous nous proposons de faire entendre ces voix au cours d’un atelier sur deux journées non consécutives, qui s’ouvrira à une rencontre publique de 20 mn autour de la mise en lecture de ces lettres. Proposé à un public d’amateurs et amatrices de tous âges, cet atelier n’a aucun pré-requis, seulement l’envie de lire à haute voix.
L’atelier commencera par un échauffement physique et vocal. Les lettres qui auront été envoyées aux participants et participantes à l’avance, seront ensuite abordées dans un travail d’élucidation des émotions qu’elles révèlent, à travers leur registre de langue, leurs références, leur lien avec la grande histoire. Puis, le travail de lecture à haute voix sera abordé par chaque participant, qui sera guidé et accompagné dans l’exploration d’une lettre qu’il aura choisie.
L’atelier se déroulera de la manière suivante :
– 3 h de travail à la bibliothèque des Cerclades à Cergy le samedi 31 mai (14h-17h) avec les lecteurs et lectrices amateurs : échauffement vocal et corporel, exercices pour le groupe, première mise en voix des lettres,
– 3h de travail à Cergy le 14 juin (horaires à préciser) avec les mêmes : reprise du travail de mise en voix avec la possibilité d’une mise en espace en vue de la restitution publique du 20 juin.
– 20 mn de restitution en lecture publique à la Bibliothèque Nationale de France le 20 juin (horaires à préciser).
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