Filmographie

  • 1944 : Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret : rôle de Jérôme Hardy
  • 1945 : La Boîte aux rêves d’Yves Allégret et Jean Choux : il apparaît dans le film
  • 1945 : Schéma d’une identification, court métrage inédit d’Alain Resnais : rôle du viveur en smoking
  • 1946 : Le Pays sans étoiles de Georges Lacombe : rôle de Simon Le Gouge et de Frédéric Talacayud
  • 1946 : L’Idiot de Georges Lampin : rôle du prince Muychkine
  • 1946 : Ouvert pour cause d’inventaire, court métrage inédit d’Alain Resnais
  • 1947 : Le Diable au corps de Claude Autant-Lara : rôle de François Jaubert
  • 1948 : La Chartreuse de Parme de Christian-Jaque : rôle titre de Fabrice Del Dongo
  • 1948 : Les Drames du Bois de Boulogne, court métrage de Jacques Loew : il dit le commentaire
  • 1949 : Une si jolie petite plage d’Yves Allégret : rôle de Pierre Monet
  • 1948 : Tous les chemins mènent à Rome de Jean Boyer : rôle de Gabriel Pégase
  • 1949 : Visite à Picasso, court métrage documentaire de Paul Haesaerts : dit le commentaire du film
  • 1950 : La Ronde de Max Ophüls : rôle du comte
  • 1950 : La Beauté du diable de René Clair : Faust, jeune et Méphisto
  • 1950 : Souvenirs perdus de Christian-Jaque : rôle de Gérard de Narcay
  • 1950 : Saint-Louis, ou L’Ange de la paix, court métrage documentaire de Robert Darène : il dit le commentaire
  • 1950 : La paix vaincra, documentaire polonais de Joris Ivens : dit le commentaire de la VF
  • 1950 : Avec André Gide, documentaire de Marc Allégret : dit le commentaire
  • 1951 : Avignon, bastion de la Provence, court métrage de James Guenet : il est Gérard Philipe 
  • 1951 : Juliette ou la Clé des songes de Marcel Carné : rôle de Michel
  • 1951 : Vedettes sans maquillage, court métrage de Jacques Guillon : il est G. Philipe 
  • 1951 : Fêtes galantes : Le peintre Watteau, court métrage documentaire de Jean Aurel : dit le commentaire
  • 1952 : Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque : rôle de Fanfan
  • 1952 : Les Sept Péchés capitaux, sketch Le Huitième péché de Georges Lacombe : rôle du bonimenteur et du peintre
  • 1952 : Les Belles de nuit de René Clair : rôle de Claude
  • 1953 : Les Orgueilleux d’Yves Allégret : rôle de Georges
  • 1954 : Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry : rôle de d‘Artagnan
  • 1954 : Monsieur Ripois de René Clément : rôle d’André Ripois
  • 1954 : Les Amants de Villa Borghese (film à sketchs, dans le sketch Gli amanti, de Gianni Franciolini : rôle de Carlo
  • 1954 : Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara : rôle titre de Julien Sorel
  • 1954 : Forêt sacrée, court métrage documentaire de Pierre-Dominique Gaisseau : dit le commentaire
  • 1955 : Sur les rivages de l’Ambre, court métrage documentaire de Jerzy Kalin : dit le commentaire
  • 1955 : Les Grandes Manœuvres de René Clair : rôle de Armand de La Verne
  • 1955 : Si Paris nous était conté de Sacha Guitry : rôle du chanteur des rues
  • 1955 : La Meilleure Part d’Yves Allégret : rôle de Philippe Perrin
  • 1955 : Les Aventures de Till l’Espiègle de Gérard Philipe et Joris Ivens : rôle de Till l’Espiègle
  • 1956 : Le Théâtre national populaire, court métrage de Georges Franju : lui-même
  • 1957 : Pot-Bouille de Julien Duvivier : rôle d’Octave Mouret 
  • 1958 : Montparnasse 19 de Jacques Becker : rôle de Modigliani
  • 1958 : La Vie à deux de Clément Duhour : rôle de Désiré
  • 1958 : Le Joueur de Claude Autant-Lara : rôle d’Alexei Ivanovitch
  • 1959 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim : rôle de Valmont
  • 1959 : La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel : rôle de Ramon Vasquez

filmographie établie par Jérôme Lucchini

Les impressions des membres de l’association

Gérard Philipe vu par Jérôme Lucchini

Gérard Philipe est un acteur de théâtre et de cinéma au parcours flamboyant et pourtant sans ostentation. 

Vedette, puis star mondiale, adulé, fêté, très médiatisé, il va rejoindre le TNP, son ascèse, y entraîner le public populaire de ses films, sans y réclamer une part plus grande que ses camarades, avec la même droiture et la même générosité qui irrigue son intégrité éthique, politique et artistique.

Les événements du monde, que sa personnalité et son talent rencontrent comme jamais, ce qu’ils ont mis dans le cœur de sa génération, ouvrent pour lui les aspirations de ses pairs, de ses concitoyens, le cœur des femmes et des hommes en quête de sentiments vrais, positifs, constructifs, humains. 

Dans ses interviews, sa fille, Anne-Marie Philipe, décrit à juste raison cette rencontre entre son père et le public comme ce rare alignement de planètes trop tôt éclipsé par la nuit. 

Son engagement, son allant, son souffle précipitent la cristallisation exceptionnelle d’une forme de poésie, de profondeur, de fragilité, d’énergie, comme de spiritualité joyeuse, qui marque une époque mais aussi les arts que sont le cinéma et le théâtre.  Il y incarnera, tout autant, un nouvel idéal masculin qu’un humanisme simple.

Il y a un avant et un après Gérard Philipe, en particulier dans le jeu et l’interprétation. C’est aussi vrai à mon sens que dans la rencontre de Jean Paul Belmondo avec la Nouvelle Vague. 

Gérard Philipe, l’homme, sa filmographie, témoignent, en plus, de ce qu’il portait sur le théâtre aux côtés de Jean Vilar, de ce que l’écran a modifié de la perception du spectacle et du monde. C’est énorme, mais il le fera tout simplement, j’allais dire discrètement, disons : avec une rare élégance.

Pour citer cet article : Jérôme Lucchini, « Gérard Philipe », site de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe, [mis en ligne le 26 janvier 2022] : https://maisonanneetgerardphilipe.fr/category/nous-contemporains/.

Gérard Philipe

Quand il achète la propriété de Cergy, en 1954, Gérard Philipe est au sommet de sa gloire. Il cherche un lieu paisible, proche de Paris, pour allier sa carrière de star internationale et sa vie de famille.

La jeunesse

Gérard Philipe naît en 1922, issu d’une famille aisée à Cannes. Côtoyant de nombreux artistes réfugiés sur la cote d’Azur, il décide, en 1940, de devenir comédien, soutenu dans son choix par sa mère. Il rencontre Nicole Navaux en 1942. Il l’épouse neuf ans plus tard, lui faisant reprendre son premier prénom : Anne.

L’acteur populaire

Il débute au théâtre, à 20 ans, dans une pièce d’André Roussin écrite pour Madeleine Robinson : Une grande fille toute simple. Marc Allegret, ami de la famille, lui donne aussi de petits rôles au cinéma. En très peu de temps, il confirme son talent de comédien à la fois au théâtre et au cinéma, et se fait remarquer en particulier en incarnant l’ange dans Sodome et Gomorrhe, la dernière pièce de Giraudoux montée de son vivant. Il passe par le conservatoire, et grâce aux conseils d’Anne, rejoint Jean Vilar. Dans un premier temps, en 1948, il lui refuse de jouer Le Cid, préférant la comédie ; pourtant en 1951, il triomphe dans ce rôle à Avignon.  Il entre dans la troupe du TNP, se produisant en banlieue, en province et effectue des tournées à l’étranger.

Contrat de Gérard Philipe avec le Théâtre national Populaire

« Nous avons résolu de porter le théâtre dans la demeure même des travailleurs » – Radio-Canada -1952

Au TNP, l’œuvre théâtrale est collective et son cachet est identique à celui des techniciens et de l’ensemble du personnel.

Il se met en congé de la compagnie en 1954, y retourne pour jouer en 1958 Lorenzaccio de Musset, son auteur culte. Il envisage de jouer Hamlet, mais n’aura pas le temps de compter le prince du Danemark parmi ses rôles.

L’icône du 7° art

Il tourne son premier film avec Yves Allégret en 1943, La boite aux rêves, dans lequel il apparait peu, puis, aux côtés d’Odette Joyeux dans Les petites du quai aux fleurs. Il tourne également deux courts métrages  pour Alain Resnais, tout jeune cinéaste. L’idiot de Georges Lampin, en 1946, est son premier grand rôle et il se fait reconnaître internationalement dans Le diable au corps de Claude Autant-Lara.  Il enchaîne ensuite les fims : La chartreuse de parme, La beauté du diable face à Michel Simon. Avec Fanfan la tulipe, il devient un acteur adulé du grand public. En 1956, il se lance dans la réalisation avec Till l’espiègle qui n’obtient pas le succès escompté.

Affiche : Calindex/site des index de revue du cinéma francophone

A la sortie de Pot Bouille en 1957, la critique est dithyrambique et célèbre sa manière de jouer .

Vivement critiqué par François Truffaut qui le traite d’idole du public féminin, sa carrière marque un tournant avec Les liaisons dangereuses de Vadim.  Il se détourne enfin de son image de comédien romantique, trouvant des personnages plus complexes et ambiguës dans Les orgueilleux ou La fièvre monte à El Pao, qui sera son dernier film.

Le récitant

Passant de la scène à l’écran et au disque, Gerard Philipe sera l’inoubliable interprète, pour les générations passées et à venir, de contes recités comme Pierre et le loup ou Le petit Prince, et également de nombreux poèmes et de fables.

L’homme engagé

Gérard Philipe est incontestablement non seulement un témoin mais un acteur de son temps qui cristallise les tensions et les attentes de son époque. En harmonie avec les idées de son épouse Anne, il signe l’Appel de Stockholm pour l’interdiction de la bombe en 1950 .

Pacifiste, il devient compagnon de route du parti communiste comme beaucoup d’artistes en ces années de guerre froide. Il part à Moscou, parcourt l’URSS en compagnie d’Anne, se rend en Chine, à Cuba où il rencontre Fidel Castro. Devant l’intervention des chars russes à Budapest, le couple stoppe son appui au PC.

Il s’engage professionnellement, adhérant au syndicat national des acteurs dès 1943 et défend le cinéma français. Il fonde, avec Yves Robert, Simone Signoret, Yves Montand, le comité national des acteurs et en accepte la présidence. Son appel, rédigé en véritable manifeste,  « Les acteurs ne sont pas des chiens », montre la précarité du métier. En 1956, il parvient à une réunification des deux organisations, donnant naissance au Syndicat Francais des Acteurs dont il assurera la présidence jusqu’en Avril 1959. Il sera à l’origine du système des intermittents du spectacle.

La maladie

En 1959, après un été passé a Ramatuelle, le couple Philipe est de retour à Cergy. Gérard est fatigué, Anne en connait la raison.  Lui ne saura rien de la terrible maladie qui va l’emporter en novembre de la même année. Il est enterré dans le costume du « Cid »

« Il aura fallu la tragique disparition du grand comédien pour que l’homme, à son tour, entre dans la légende »

 (Point de vue images du monde -4 décembre 1959

La Une de Paris-Match en décembre 1959

Pour citer cet article : Bruno Gruel, « Gérard Philipe », site de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe, [mis en ligne le 6 janvier 2022] : https://maisonanneetgerardphilipe.fr/category/gerard/