L’éditrice

Anne Philipe a été la première éditrice de Pierrette Fleutiaux, chez Julliard. Elle lui rend hommage en 2010, dans cet ouvrage publié chez Actes Sud.

“Entre les années 1974 et 1990, j’ai été très proche d’Anne Philipe.
Elle était la femme qui avait vécu aux côtés d’un acteur célébrissime, dans une aura étincelante de succès, d’engagement intellectuel et politique, d’amour et de tragédie. C’était aussi l’écrivaine dont le livre Le Temps d’un soupir avait bouleversé des centaines de milliers de gens de par le monde. Elle était ethnologue, romancière, éditrice, grande voyageuse et reporter. 
Ce livre raconte comment ma vie s’est tressée avec la sienne, dans un de ces compagnonnages secrets qui nous font devenir ce que nous sommes. Il n’est pas commémoration mais intimité intérieure avec une présence. Il s’agit de faire droit à cette dette fondamentale que nous avons envers ceux qui ont laissé empreinte en nous, et qui est liée à la valeur de l’existence. 
Anne Philipe avait une vingtaine d’années de plus que moi. Elle a changé ma perception de la vie. J’ai voulu la retrouver vivante, à partir du terrain de nos années communes, où elle fut mon éditrice et amie. J’ai voulu retrouver Anne-la-mienne et transmettre ce qu’elle a été : un jalon capital dans mon histoire personnelle, un trait à marquer dans l’histoire des femmes, et aussi une trace lumineuse que ne doit pas oublier la littérature. 
Les femmes de ma génération ont connu beaucoup d’avancées. Nous n’en voyons que mieux les reculs qui guettent, et les étapes à parcourir. Nous ne sommes pas tranquillisées. Nous sommes les femmes du milieu du chemin.”

« Tombeau de Gérard Philipe » d’Henri Pichette

En 1961, Henri Pichette publie Tombeau de Gérard Philipe. 

L’ensemble de 40 pages, que l’on trouve aujourd’hui dans la collection « Poésie/Gallimard » à la suite du recueil Odes à chacun, emprunte la forme littéraire du « tombeau poétique », connue en France depuis le XVIe siècle. C’est d’ailleurs une épigraphe d’Estienne Jodelle (1532-1573) qui en donne l’esprit : la mort « […] ne tranche point alors l’amitié qui nous lie ». 

Henri Pichette y rassemble le témoignage que lui a demandé Anne Philipe – qui se trouve fractionné en bribes dans le recueil collectif de 1960 – et une série de courts poèmes versifiés où il ne s’agit plus seulement de « parler de lui », l’ami trop tôt quitté, mais de « le rejoindre » par une pensée de la mort. « Parler de lui pour le rejoindre » est le sous-titre choisi pour cet ensemble en deux parties distinctes. Y résonne de manière saisissante la parole sensible et universelle, envisagée comme véritable mission du Poète, dont le sens se trouve accentué par l’événement intime du décès subit de l’ami : « Le poète est parfois délégué par les morts. » Pour rendre hommage à l’« éphémère inoubliable », il place l’évocation de son « rire franc, net, sonore, incoercible » et de « ses yeux grands ouverts d’acquiescement », sous le signe d’une métaphysique glaçante qui cherche en tâtonnant une échappée au désespoir. 

Idées, idées, idées…

Comme à terre ont roulé des perles défilées.

L’aveu sonne clairement comme une déstabilisation de la poétique jusque-là affirmée. Elle prendra d’ailleurs des formes plus méditatives et solitaires, dans l’oeuvre d’Henri Pichette, après le long silence qui suivra ce « tombeau ». Dans le travail assidu mené jusque-là avec Gérard Philipe (« Çà et là il me faisait reprendre, il proposait une nuance, il creusait, il notait »), les idées générales incarnées dans des figures symboliques allaient bon train, avec un sens aigu de la provocation militante et du renouvellement  des formes.

A partir de leur rencontre en 1946, c’est en effet une amitié orientée par des enjeux artistiques très réfléchis qui se tisse. Elle s’épanouira à l’occasion de deux œuvres scéniques novatrices et difficiles d’accès : Les Épiphanies « mystère profane » créé avec Maria Casares en 1947, grâce à l’obstination et même l’argent de Gérard Philipe, et Nuclea que Jeanne Moreau joue à ses côtés en 1952 à Chaillot puis à Avignon et que Gérard Philipe met lui-même en scène. L’exaltation lyrique fait de ce poème dramatique, qui a été mal reçu par un public assourdi par les effets stéréo, un chant d’abord cacophonique qui chemine en trois tableaux vers une rédemption lumineuse. Henri Pichette l’avoue dans le Tombeau : « Nucléa n’était pas à son point poétique et, quoique Gérard eût fait des merveilles, nous restâmes devant le brouillon d’une fresque. » 

Le tombeau de Gérard Philipe donne ainsi à lire non seulement l’admiration profonde de l’ami cher, mais la fougue, joyeuse et refléchie, d’un duo d’artistes (« Il y avait de la folie-enfant partout, et quelque chose de très grave en même temps que de survolté ») qu’animait une dynamique de création particulièrement exigeante, soudain coupée dans son élan. 

Pour citer cet article : PETITJEAN, AMarie (2022). « A propos de Tombeau de Gérard Philipe d’Henri Pichette », site de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe [mis en ligne le 5 février 2022] : https://maisonanneetgerardphilipe.fr/2022/02/05/tombeau-de-gerard-philipe-dhenri-pichette/.

Filmographie

  • 1944 : Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret : rôle de Jérôme Hardy
  • 1945 : La Boîte aux rêves d’Yves Allégret et Jean Choux : il apparaît dans le film
  • 1945 : Schéma d’une identification, court métrage inédit d’Alain Resnais : rôle du viveur en smoking
  • 1946 : Le Pays sans étoiles de Georges Lacombe : rôle de Simon Le Gouge et de Frédéric Talacayud
  • 1946 : L’Idiot de Georges Lampin : rôle du prince Muychkine
  • 1946 : Ouvert pour cause d’inventaire, court métrage inédit d’Alain Resnais
  • 1947 : Le Diable au corps de Claude Autant-Lara : rôle de François Jaubert
  • 1948 : La Chartreuse de Parme de Christian-Jaque : rôle titre de Fabrice Del Dongo
  • 1948 : Les Drames du Bois de Boulogne, court métrage de Jacques Loew : il dit le commentaire
  • 1949 : Une si jolie petite plage d’Yves Allégret : rôle de Pierre Monet
  • 1948 : Tous les chemins mènent à Rome de Jean Boyer : rôle de Gabriel Pégase
  • 1949 : Visite à Picasso, court métrage documentaire de Paul Haesaerts : dit le commentaire du film
  • 1950 : La Ronde de Max Ophüls : rôle du comte
  • 1950 : La Beauté du diable de René Clair : Faust, jeune et Méphisto
  • 1950 : Souvenirs perdus de Christian-Jaque : rôle de Gérard de Narcay
  • 1950 : Saint-Louis, ou L’Ange de la paix, court métrage documentaire de Robert Darène : il dit le commentaire
  • 1950 : La paix vaincra, documentaire polonais de Joris Ivens : dit le commentaire de la VF
  • 1950 : Avec André Gide, documentaire de Marc Allégret : dit le commentaire
  • 1951 : Avignon, bastion de la Provence, court métrage de James Guenet : il est Gérard Philipe 
  • 1951 : Juliette ou la Clé des songes de Marcel Carné : rôle de Michel
  • 1951 : Vedettes sans maquillage, court métrage de Jacques Guillon : il est G. Philipe 
  • 1951 : Fêtes galantes : Le peintre Watteau, court métrage documentaire de Jean Aurel : dit le commentaire
  • 1952 : Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque : rôle de Fanfan
  • 1952 : Les Sept Péchés capitaux, sketch Le Huitième péché de Georges Lacombe : rôle du bonimenteur et du peintre
  • 1952 : Les Belles de nuit de René Clair : rôle de Claude
  • 1953 : Les Orgueilleux d’Yves Allégret : rôle de Georges
  • 1954 : Si Versailles m’était conté… de Sacha Guitry : rôle de d‘Artagnan
  • 1954 : Monsieur Ripois de René Clément : rôle d’André Ripois
  • 1954 : Les Amants de Villa Borghese (film à sketchs, dans le sketch Gli amanti, de Gianni Franciolini : rôle de Carlo
  • 1954 : Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara : rôle titre de Julien Sorel
  • 1954 : Forêt sacrée, court métrage documentaire de Pierre-Dominique Gaisseau : dit le commentaire
  • 1955 : Sur les rivages de l’Ambre, court métrage documentaire de Jerzy Kalin : dit le commentaire
  • 1955 : Les Grandes Manœuvres de René Clair : rôle de Armand de La Verne
  • 1955 : Si Paris nous était conté de Sacha Guitry : rôle du chanteur des rues
  • 1955 : La Meilleure Part d’Yves Allégret : rôle de Philippe Perrin
  • 1956 : Les Aventures de Till l’Espiègle de Gérard Philipe et Joris Ivens : rôle de Till l’Espiègle
  • 1956 : Le Théâtre national populaire, court métrage de Georges Franju : lui-même
  • 1957 : Pot-Bouille de Julien Duvivier : rôle d’Octave Mouret 
  • 1958 : Montparnasse 19 de Jacques Becker : rôle de Modigliani
  • 1958 : La Vie à deux de Clément Duhour : rôle de Désiré
  • 1958 : Le Joueur de Claude Autant-Lara : rôle d’Alexei Ivanovitch
  • 1959 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim : rôle de Valmont
  • 1959 : La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel : rôle de Ramon Vasquez

filmographie établie par Jérôme Lucchini

Les impressions des membres de l’association

Gérard Philipe vu par Jérôme Lucchini

Gérard Philipe est un acteur de théâtre et de cinéma au parcours flamboyant et pourtant sans ostentation. 

Vedette, puis star mondiale, adulé, fêté, très médiatisé, il va rejoindre le TNP, son ascèse, y entraîner le public populaire de ses films, sans y réclamer une part plus grande que ses camarades, avec la même droiture et la même générosité qui irrigue son intégrité éthique, politique et artistique.

Les événements du monde, que sa personnalité et son talent rencontrent comme jamais, ce qu’ils ont mis dans le cœur de sa génération, ouvrent pour lui les aspirations de ses pairs, de ses concitoyens, le cœur des femmes et des hommes en quête de sentiments vrais, positifs, constructifs, humains. 

Dans ses interviews, sa fille, Anne-Marie Philipe, décrit à juste raison cette rencontre entre son père et le public comme ce rare alignement de planètes trop tôt éclipsé par la nuit. 

Son engagement, son allant, son souffle précipitent la cristallisation exceptionnelle d’une forme de poésie, de profondeur, de fragilité, d’énergie, comme de spiritualité joyeuse, qui marque une époque mais aussi les arts que sont le cinéma et le théâtre.  Il y incarnera, tout autant, un nouvel idéal masculin qu’un humanisme simple.

Il y a un avant et un après Gérard Philipe, en particulier dans le jeu et l’interprétation. C’est aussi vrai à mon sens que dans la rencontre de Jean Paul Belmondo avec la Nouvelle Vague. 

Gérard Philipe, l’homme, sa filmographie, témoignent, en plus, de ce qu’il portait sur le théâtre aux côtés de Jean Vilar, de ce que l’écran a modifié de la perception du spectacle et du monde. C’est énorme, mais il le fera tout simplement, j’allais dire discrètement, disons : avec une rare élégance.

Pour citer cet article : Jérôme Lucchini, « Gérard Philipe », site de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe, [mis en ligne le 26 janvier 2022] : https://maisonanneetgerardphilipe.fr/category/nous-contemporains/.

Colloque du centenaire

L’appel à contributions pour les chercheurs·ses et les professionnel·le·s est lancé sur le site Fabula.

Le colloque « Gérard Philipe et le devenir d’un mythe – réception, patrimonialisation, recréation » est organisé par le laboratoire UMR Héritages (CNRS/Ministère de la Culture/CY Cergy Paris Université). Il se déroulera les 2 et 3 décembre 2022 sur le campus des Chênes de l’université de Cergy ainsi qu’à Paris.

Des communications grand public et des ponctuations artistiques côtoieront les interventions scientifiques. La manifestation sera accessible à tout public. L’association est partenaire et participera aux débats.

Délégation auprès de la Maison Maria Casares

Le 19 janvier 2022, les 3 membres du bureau de l’association, accompagnés par la chargée de mission valorisation du patrimoine culturel et par l’élue à la culture de la ville de Cergy, se sont rendus à la Maison Maria Casares, à Alloue, en Charente. Accueillis par Johanna Silberstein [codirectrice] et Norbert Liedts [chargé des relations publiques et de la communication], ils ont pu prendre connaissance d’une structure modèle en matière de valorisation d’une maison d’artiste.

La structure présente un exemple remarquable d’animation de maison d’artiste, conduit par un projet à la fois théâtral, patrimonial, paysager et pédagogique. Voir le site http://mmcasares.fr/mmc.

Maria Casares a joué plusieurs fois aux côté de Gérard Philipe, en particulier pour la pièce Les Épiphanies d’Henri Pichette en 1947 ou pour l’adaptation cinématographique de La Chartreuse de Parme, en 1948.

Paru dans Paris Presse le 31 octobre 1947.

Visite à Auvers Sur Oise

Une délégation des associations de la « maison d’Anne et Gérard Philipe », de « l’Axe Majeur « , des représentants de la ville de Cergy et du chargé de mission « cinéma « au Conseil Départemental du Val Oise se sont rendus à Auvers sur Oise, le 07 Janvier. La visite de la maison du Docteur Gachet, grâce à l’accueil de la responsable du site, Elodie Perrault, a été l’occasion d’une présentation du lieu et d’ échanges autour du label  » Maison des illustres ». La délégation s’est ensuite rendue à l’ ancien atelier du sculpteur Michel Charpentier , puis dans son « jardin aux sculptures » à Valmondois. Dans l’après midi , de retour à Auvers, une visite à la maison-atelier Emile Boggio a été l’occasion de rencontrer l’arrière petit neveu du peintre en la personne de Xavier Boggio. Celui-ci , lui-même peintre et sculpteur, a parlé de son expérience de labélisation du lieu en « Maison des Illustres » et du travail de restauration qu’il a mené dans le plus grand respect architectural et environnemental. Il ouvre également son propre atelier aux visiteurs et y présente son travail actuel d’artiste .

La question de la non accessibilité
au public de certaines pièces dans la
maison du Dr Gachet a été abordée.

Gérard Philipe

Quand il achète la propriété de Cergy, en 1954, Gérard Philipe est au sommet de sa gloire. Il cherche un lieu paisible, proche de Paris, pour allier sa carrière de star internationale et sa vie de famille.

La jeunesse

Gérard Philipe naît en 1922, issu d’une famille aisée à Cannes. Côtoyant de nombreux artistes réfugiés sur la cote d’Azur, il décide, en 1940, de devenir comédien, soutenu dans son choix par sa mère. Il rencontre Nicole Navaux en 1942. Il l’épouse neuf ans plus tard, lui faisant reprendre son premier prénom : Anne.

L’acteur populaire

Il débute au théâtre, à 20 ans, dans une pièce d’André Roussin écrite pour Madeleine Robinson : Une grande fille toute simple. Marc Allegret, ami de la famille, lui donne aussi de petits rôles au cinéma. En très peu de temps, il confirme son talent de comédien à la fois au théâtre et au cinéma, et se fait remarquer en particulier en incarnant l’ange dans Sodome et Gomorrhe, la dernière pièce de Giraudoux montée de son vivant. Il passe par le conservatoire, et grâce aux conseils d’Anne, rejoint Jean Vilar. Dans un premier temps, en 1948, il lui refuse de jouer Le Cid, préférant la comédie ; pourtant en 1951, il triomphe dans ce rôle à Avignon.  Il entre dans la troupe du TNP, se produisant en banlieue, en province et effectue des tournées à l’étranger.

Contrat de Gérard Philipe avec le Théâtre national Populaire

« Nous avons résolu de porter le théâtre dans la demeure même des travailleurs » – Radio-Canada -1952

Au TNP, l’œuvre théâtrale est collective et son cachet est identique à celui des techniciens et de l’ensemble du personnel.

Il se met en congé de la compagnie en 1954, y retourne pour jouer en 1958 Lorenzaccio de Musset, son auteur culte. Il envisage de jouer Hamlet, mais n’aura pas le temps de compter le prince du Danemark parmi ses rôles.

L’icône du 7° art

Il tourne son premier film avec Yves Allégret en 1943, La boite aux rêves, dans lequel il apparait peu, puis, aux côtés d’Odette Joyeux dans Les petites du quai aux fleurs. Il tourne également deux courts métrages  pour Alain Resnais, tout jeune cinéaste. L’idiot de Georges Lampin, en 1946, est son premier grand rôle et il se fait reconnaître internationalement dans Le diable au corps de Claude Autant-Lara.  Il enchaîne ensuite les fims : La chartreuse de parme, La beauté du diable face à Michel Simon. Avec Fanfan la tulipe, il devient un acteur adulé du grand public. En 1956, il se lance dans la réalisation avec Till l’espiègle qui n’obtient pas le succès escompté.

Affiche : Calindex/site des index de revue du cinéma francophone

A la sortie de Pot Bouille en 1957, la critique est dithyrambique et célèbre sa manière de jouer .

Vivement critiqué par François Truffaut qui le traite d’idole du public féminin, sa carrière marque un tournant avec Les liaisons dangereuses de Vadim.  Il se détourne enfin de son image de comédien romantique, trouvant des personnages plus complexes et ambiguës dans Les orgueilleux ou La fièvre monte à El Pao, qui sera son dernier film.

Le récitant

Passant de la scène à l’écran et au disque, Gerard Philipe sera l’inoubliable interprète, pour les générations passées et à venir, de contes recités comme Pierre et le loup ou Le petit Prince, et également de nombreux poèmes et de fables.

L’homme engagé

Gérard Philipe est incontestablement non seulement un témoin mais un acteur de son temps qui cristallise les tensions et les attentes de son époque. En harmonie avec les idées de son épouse Anne, il signe l’Appel de Stockholm pour l’interdiction de la bombe en 1950 .

Pacifiste, il devient compagnon de route du parti communiste comme beaucoup d’artistes en ces années de guerre froide. Il part à Moscou, parcourt l’URSS en compagnie d’Anne, se rend en Chine, à Cuba où il rencontre Fidel Castro. Devant l’intervention des chars russes à Budapest, le couple stoppe son appui au PC.

Il s’engage professionnellement, adhérant au syndicat national des acteurs dès 1943 et défend le cinéma français. Il fonde, avec Yves Robert, Simone Signoret, Yves Montand, le comité national des acteurs et en accepte la présidence. Son appel, rédigé en véritable manifeste,  « Les acteurs ne sont pas des chiens », montre la précarité du métier. En 1956, il parvient à une réunification des deux organisations, donnant naissance au Syndicat Francais des Acteurs dont il assurera la présidence jusqu’en Avril 1959. Il sera à l’origine du système des intermittents du spectacle.

La maladie

En 1959, après un été passé a Ramatuelle, le couple Philipe est de retour à Cergy. Gérard est fatigué, Anne en connait la raison.  Lui ne saura rien de la terrible maladie qui va l’emporter en novembre de la même année. Il est enterré dans le costume du « Cid »

« Il aura fallu la tragique disparition du grand comédien pour que l’homme, à son tour, entre dans la légende »

 (Point de vue images du monde -4 décembre 1959

La Une de Paris-Match en décembre 1959

Pour citer cet article : Bruno Gruel, « Gérard Philipe », site de l’Association de la Maison d’Anne et Gérard Philipe, [mis en ligne le 6 janvier 2022] : https://maisonanneetgerardphilipe.fr/category/gerard/